» » La Haie : l'outil oublié de votre abri de jardin

Haie et Abri de jardin

La Haie et l'Abri de Jardin

 

 

 

 

"Ce petit chemin qui sent la noisette", que serait-il devenu si une haie n'avait pas souligné son tracé ? 

 

En France, les haies ont implantées à partir du XVIIè siècel pour délimiter les parcelles, avant l'invention du fil de fer barbelé en 1874. Depuis, près de 70 % de celles présentes à l'apogée du bocage, entre 1850 et 1930 ont été détruites.

 

De fait, au début du XXIème siècle, elles ne totalisaient plus que 700 000 km. Car elles ont été subitement jugées de moindre intérêt, dès lors que les clôtures en tout genre, et notamment électriques, sont apparues.

 

Très logiquement, et avec le développement de l'agriculture intensive, elles ont été peu à peu arrachées, avant que naturalistes et chasseurs s'aperçoivent de leur intérêt faunistique. Et les chasseurs, via leurs fédérations, ont commencé à les réimplanter, il y a une vingtaine d'année. Dans la Somme, le "kit haie" de 15 plants de troènes, viornes, fusains, cornouillers et charmes est proposé à 15 € et livré avec tuteurs, protection contre les lapins et bâches biodégradables. Depuis 2011, 80 km ont vu le jour.

 

Et de très nombreuses autres fédérations réalisent des efforts identiques. Ainsi, dans le département de l'Isère, plus de 40 km de haies ont été crées depuis dix ans.

 

Monter un abri de jardin est une bonne idée, mais il faut réfléchir dans quel coin l'installer. De même, planter des haies est une chose. Trouver le bon en droit en est une autre. Dans plus de 60 % des cas, on choisit la banquette herbeuse d'un chemin rural, car il fait partie du domaine privé de la commune. Il a, avant tout, une vocation agricole et ne doit pas être confondu avec les chemins et sentiers d'exploitation qui, eux, sont présumés appartenir aux propriétaires riverains.

 

 

La Renaissance des haies

L'emprise maximale des chemins ruraux est définie par l'article R.161-8 du Code rural. Elle est de 7 m et la largeur maximale de la chaussée, de 4 m. Tout naturellement, les communes ont accepté que des haies soient plantées le long de ces chemins. La haie est ainsi devenue l'outil du chement rural.

 

Outils de préservation d'abord : en Picardie, un chemin rural séparant deux parcelles appartenant au même propriétaire avait été labouré sur un tiers de sa longueur par l'exploitant agricole. Étonnés de découvrir un cul-de-sac, des promeneus s'en sont émus et un géomètre est venu redéfinir le tracé du chemin. Délimité par une haie, le chemine aurait été protégé, à la grande satisfaction des randonneurs.

 

La haie est aussi un outil de protection. Protection par temps de pluie ou fortes chaleurs pour les animaux en pâture qui y trouvent refuge, mais aussi protection des cultures contre le vent et les tempêtes. On a mesuré que les haies freinent le vent jusqu'à 40 % de sa vitesse, sur une distance dix fois supérieure à leur hauteur. Cette particularité est essentielle pour l'écosystème puisqu'elle réduit l'érosion éolienne et l'évaporation du sol. Et une cabane bien protégée en vaut deux !

 

 

 

Le Bois réchauffe trois fois

Exploitées habilement, les haies offrent également, tous les huit ou dix ans, la possibilité de récolter du bois de chauffage à bon marché, au prix d'un salutaire exercice de plein air. Car le bois réchauffe trois fois : quand on le coupe, quand on le range et quand on le brûle. Chaque été, des coulées de boue sont dénoncées dans les campagnes, à l'occasion de violents orages. Là aussi, la haie trouve son utilité car elle retient les eaux de ruissellement, freine leur contamination par les produits phytosanitaires et favorise la biodiversité.

 

Enfin, la haie est un refuge apprécié pour la nidification de certains oiseaux et leur taille est interdite entre le 1er avril et le 31 juillet. Et, à l'automne, elle offre ses baies gorgées de soleil à de nombreux passereaux, notamment les grives et les merles.

 

Pour le chaseur, c'est un endroit idéal pour installer un agrainoir ou un cabanon. Par son action au niveau de l'eau, du vent et du sol, la haie favorise une importante diversité biologique grâce au microclimat qu'elle engendre de zones d'ombre, de lumière et d'humidité.

 

Sous la haie, le sol est meuble, riche en humus. En cas de pluie, son pouvoir absorbant est très important. Ainsi, il stocke l'eau qui va être progressivement prélevée par les racines des arbustes, puis évaporée par le feuillage.

 

Cela favorise une humidité de l'air importante et une forte condensation durant le nuit, d'où le phénomène de rosée. La haie maintient donc une humidité plus ou moins constante, favorable au développement de la flore et de la faune. Alors, vivre la haie !

 

 

La nature vivante rend votre abri de jardin plus beau

 


Une cabane de jardin avec en toile de fond la nature vivante d'une haie naturelle est encore plus belle. Le contraste entre la nature sauvage et indomptée et le bois travaillé dans des formes rigoureuses crée un contraste intéressant. Bien sûr, vous pouvez aussi très bien vous cacher dans la cabane de jardin et observer la nature de là. Prendre des photos ou observer de très près avec des jumelles. Même si votre cabane de jardin est plus grande et moderne, avec de grandes baies vitrées, vous serez caché pour les animaux si vous ne bougez pas beaucoup.

 

Une haie naturelle composée de plantes sauvages locales brille de différentes couleurs tout au long de l'année : ce sont d'abord les fleurs, puis, en automne et en hiver, les fruits colorés qui font tant plaisir à l'avifaune, mais qui sont également appréciés par les petits mammifères, des souris aux écureuils, en passant par les renards ou les ratons laveurs.

 

Les plantes à feuilles hivernales sont également les bienvenues dans une telle haie : Le genévrier indigène, par exemple, reste vert et ses baies nourrissent jusqu'à 60 espèces d'oiseaux différentes.

 

Les haies de plantes sauvages sont faciles à entretenir


Pour l'entretien d'une haie naturelle, vous pouvez laisser la bêche et la tondeuse à gazon dans l'abri de jardin. Pour la haie de plantes sauvages, vous n'aurez besoin de la bêche qu'une seule fois, pour la planter. Devant la haie, une bande de prairie à fleurs sauvages rendra l'idylle naturelle et l'espace vital parfait pour vos nombreux nouveaux hôtes.

 

Lorsque vous choisissez des plantes indigènes, tenez compte des besoins en lumière, de la nature du sol, de l'humidité du sol et de la hauteur de croissance des plantes correspondantes, afin de donner suffisamment de place à chaque plante. Si les emplacements conviennent, la haie de plantes sauvages derrière l'abri de jardin ne vous donnera guère de travail. Si vous trouvez encore un petit coin de nature intacte dans les environs, regardez ce qui y pousse. L'ilex, par exemple, ne pousse à l'état sauvage que dans les zones où l'hiver est plus chaud, mais là aussi à l'ombre. Non seulement il est vert en hiver, mais pour de telles haies, les épines ont plusieurs avantages : elles aident les oiseaux qui nichent librement à construire des nids protégés entre les épines et elles empêchent les intrus de pénétrer dans la haie.

La haie naturelle peut également protéger votre abri de jardin contre les accès non autorisés.


Votre cabane de jardin a non seulement fière allure sur fond de belle haie d'arbustes sauvages indigènes, dense, variée et animée, mais elle est également protégée de ce côté contre les accès non autorisés. De nombreuses formes sauvages d'arbres fruitiers indigènes, qui appartiennent pour la plupart à la famille des rosacées - également pourvues d'épines -, ont des épines. Les pommes sauvages, les prunes sauvages, les coings sauvages et bien d'autres en sont des exemples. Les roses sauvages, qu'il s'agisse de rosiers grimpants ou de rosiers buissons, de rosiers chiens, de rosiers champêtres, de rosiers vinaigrés, de rosiers à feuilles rouges, de rosiers pommiers ou de rosiers cannelle, font merveille dans une haie sauvage, l'aubépine, le nerprun, les framboises ou les mûres : Tout ce qui a des épines est le bienvenu dans la haie naturelle derrière l'abri de jardin pour les raisons mentionnées ci-dessus.

 

Épargnez-vous donc les mesures d'entretien souvent nécessaires pour la clôture et remplacez-la tout simplement par une clôture naturelle qui ne nécessite aucun entretien, n'entraîne aucun coût, mais seulement des avantages et ne doit jamais être remplacée !

 

Une haie naturelle près de l'abri de jardin est une protection active de la nature.


De nombreux hérissons, par exemple, ont la vie dure dans notre paysage culturel actuel entièrement exploité. Pour eux, il faudrait tailler des ouvertures d'environ 10 x 10 cm dans les clôtures, afin qu'ils puissent utiliser les jardins comme un territoire cohérent, suffisamment grand pour eux. Les haies denses, sauvages et épineuses éloignent les humains, mais permettent aux hérissons et autres mammifères de passer dans l'obscurité sous le feuillage entre les troncs des arbres et des arbustes, non seulement pour franchir la haie et donc les limites de la propriété, mais aussi pour offrir un habitat direct, par exemple pour l'hibernation du hérisson sous les brindilles et les feuilles qui se sont accumulées sous la haie. Observez les hérissons, les putois, les fouines, les loirs, les orvets, les lézards et bien d'autres espèces que l'on ne voit pas tous les jours, près de votre abri de jardin ou à l'extérieur de celui-ci ! Le nombre d'espèces de papillons et d'oiseaux dans votre jardin peut doubler ou tripler.

 

Plantez des plantes indigènes dans votre cabane de jardin !

 


Mais pour obtenir un tel succès, il est important que vous remplaciez peu à peu les arbustes et les plantes vivaces exotiques par des plantes indigènes. Il est certain que les fleurs de la lépidoptère sont visitées par de nombreux papillons. Toutefois, ses feuilles sont totalement inutiles pour nourrir les chenilles, c'est-à-dire pour la reproduction des papillons. Certes, les baies de l'épine-vinette exotique sont également consommées par les oiseaux. Mais il ne s'agit là que de deux espèces, alors que les baies de l'aubépine locale sont consommées par 32 espèces d'oiseaux différentes.

 

Remplacer les plantes exotiques, non seulement dans les haies, mais aussi en tant que plantes isolées, est une protection active de la nature, qui est plus importante aujourd'hui que peut-être jamais auparavant.

 

En outre, de nombreuses plantes indigènes fournissent des fruits utilisables non seulement pour les animaux, mais aussi pour l'homme : Outre les espèces déjà citées, on peut citer le sureau noir, le prunellier ou le poirier des rochers.

 

Prévoyez suffisamment de place pour la haie naturelle !

 


Si vous disposez de peu de place dans votre jardin, vous pouvez bien sûr tailler une haie d'essences sauvages indigènes. Mais en général, vous pouvez laisser le taille-haie suspendu dans l'abri de jardin, car une telle haie sauvage ne nécessite que peu de travail. La largeur que vous souhaitez donner à la haie dépend de vous et des essences utilisées. Vous devriez toutefois prévoir au moins un mètre de largeur. Deux ou même trois mètres seraient plus appropriés pour une haie qui pousse en hauteur, même avec des arbres au centre. Prévoyez encore une bande fleurie d'un ou deux mètres de large devant la haie, qui ne sera pas tondue ou seulement une ou deux fois par an, et votre cabane de jardin se trouvera soudain devant un tout autre décor, coloré, vivant et naturel. Inutile de préciser que vous pouvez vous épargner la tonte du gazon, le désherbage, le ramassage des feuilles et autres mesures d'entretien sur toute la surface occupée par la haie et la bande fleurie. Profitez simplement de la riche biodiversité de la nature près de la cabane de jardin et, si vous le souhaitez, faites une petite récolte en automne.

 

 

Espèces appropriées


Outre les nombreuses espèces déjà mentionnées ci-dessus, le troène commun, le genêt à balai, le noisetier, le daphné, le sorbier des oiseleurs, la viorne, le cornouiller sanguin, le cerisier des haies, le berbéris, le fusain, le néflier des rochers, l'érable champêtre, le paresseux, le cerisier à grappes, le cornouiller rouge et bien d'autres encore conviennent également. Essayez de savoir quelles espèces poussent à l'état sauvage dans votre région. Il y a de bonnes chances pour que ces mêmes espèces poussent d'elles-mêmes, sans entretien, près de votre abri de jardin.

 

Des distances de plantation de 30 cm à un mètre sont recommandées selon les espèces. Si vous connaissez les périodes de floraison, vous pouvez même "composer" un dégradé de couleurs pour votre haie naturelle au fil des saisons.