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Peur de sortir du confinement dans un Chalet

 

 

Le Syndrome de la Cabane : la domiciliation désirable

 

 

 

Domiciliation du travail, domiciliation de la consommation, domiciliation du loisir...et boom du bricolage.

Le Cocooning dont on parlait dans les années 90, mais qui n'était pas encore complètement réalisable parce que tout n'était pas encore disponible à la maison, s'est radicalisé. Nous avons pu voir de nouveaux concepts comme le hygge*, qui nous vient de Scandinavie!

Aspiration de tout le corps social, intergénérationelle, et pas seulement les amateurs de safe space (safe room...) pour se libérer de l'open space . Déréglement climatique, crise économique, évidemment la crise sanitaire en toile de fond...Le seul lieu dans lequel on peut encore avoir un peu de pouvoir, c'est notre chez-soi, avec la reprise en main de son temps.

 

 

Le besoin de se sentir en sécurité remonte à l'histoire de notre espèce, nous sommes des animaux fragiles sans carapace ni coquille:nous avons contruit sans relache à travers les années, les siècles et les millénaires des abris de fortune pour nous protéger de notre propre finitude.

Dans le cocon finalement, il y a une suspension de la temporalité, un refuge pour panser ses plaies, pour reprendre des forces. Mais un cocon dont on ne voudrait pas sortir. On parle aussi du phénomène de claning.

 

 

Développement d'un marché du bien-être avec Amazon, Netflix (voir l'exonostalgie dans certaines séries, la nostalgie d'époques...qu'on a pas connu), Uber Eats: je ne vais plus conquérir le monde, je vais faire venir le monde à moi. Plutôt qu'un aménagement de l'extérieur, un principe de précaution devenu fou suite à la risquophobie. Mais préférer le confort intérieur...à l'inconfort, est-ce une pathologie?

 

Alors, êtes-vous touché par le syndrome de la cabane ? N'hésitez pas à me le dire.

 

 

Attention tout de même à la baisse tendantielle du taux d'empathie. ☺

 

Nice-matin du 31 mai en parle !

 

 

* mot d’origine danoise et norvégienne faisant référence à un sentiment de bien-être, une humeur joyeuse et une atmosphère intime et chaleureuse.

 

 

J'veux pas y'aller à ce dîner
J'ai pas l'moral, j'suis fatigué
Ils nous en voudront pas
Allez on n'y va pas
En plus faut qu'j'fasse un régime, ma chemise me boudine
J'ai l'air d'une chipolata
Je peux pas sortir comme ça


Ça n'a rien à voir
J'les aime bien tes amis
Mais je veux pas les voir
Parce que j'ai pas envie


On s'en fout, on n'y va pas
On n'a qu'à s'cacher sous les draps
On command'ra des pizzas
Toi, la télé et moi
On appelle, on s'excuse
On improvise, on trouve que'qu'chose
On n'a qu'à dire à tes amis
Qu'on les aime pas et puis tant pis


J'suis pas d'humeur tout me déprime
Et il se trouve que par hasard
Y'a un super bon film
À la télé ce soir
Un chef-d'oeuvre du septième art
Que je voudrais revoir
Un drame très engagé
Sur la police de Saint-Tropez


C'est une…

 

Le dîner
Bénabar

 

 

 

 

Ma chambre a la forme d'une cage
Le soleil passe son bras par la fenêtre
Les chasseurs à ma porte
Comme les petits soldats
Qui veulent me prendre
Je ne veux pas travailler
Je ne veux pas déjeuner
Je veux seulement l'oublier
Et puis je fume
Déjà j'ai connu le parfum de l'amour
Un million de roses n'embaumerait pas autant
Maintenant une seule fleur dans mes entourages
Me rend malade
Je ne veux pas travailler
Je ne veux pas déjeuner
Je veux seulement l'oublier
Et puis je fume
Je ne suis pas fière de ça
Vie qui veut me tuer
C'est magnifique être sympathique
Mais je n'le connais jamais
Je ne veux pas travailler, non
Je ne…

 

Sympathique
Pink Martini

 

Sur le sujet : "La Civilisation du Cocon" par Vincent Cocquebert; Voir aussi "Un refuge dans ce monde impitoyable : La famille assiégée" du toujours très interessant Christopher Lasch.

 

 

"C'est le grand jour ce mercredi, avec la réouverture des magasins, des lieux de culture et des terrasses de restaurants. Si c'est un soulagement pour des millions de Français, pour d'autres, c'est une source d'angoisse. Ces derniers préfèrent garder leurs habitudes adoptées pendant l'enfermement, car ils ont peur du virus ou d'un nouveau rebondissement épidémique.

"Retourner sur la terrasse pour prendre un café signifie une réinfection, alors je préfère le boire sur ma terrasse, en toute sécurité".

Mathieu a contracté le Covid-19 il y a sept mois.

Après trois semaines de fatigue intense, il a été hospitalisé pour une détresse respiratoire aiguë.

Pour cet homme de 42 ans, ce fut une énorme frayeur, et les conséquences sont encore bien présentes.

Alors, comme il n'est pas encore vacciné, il a peur d'attraper la maladie une seconde fois.

"J'ai failli mourir, j'ai failli perdre ma famille, évidemment j'ai peur", dit-il. 

 

Mathieu est néanmoins convaincu que les professionnels vont mettre en œuvre et faire respecter le protocole sanitaire.

Ce qu'il craint davantage, c'est le relâchement des Français.

Un sentiment partagé par Yäel, cadre dans une entreprise parisienne.

Pour cette jeune femme, ce sera éventuellement un café en terrasse, mais rien de plus.

"Je ne suis pas encore à l'aise pour aller à des concerts par exemple, ce n'est pas ce que je veux. Je ne voudrais pas participer à une quatrième vague. Là-bas, nous ne sommes pas. pour se retrouver tous ensemble en mode 14 juillet", explique-t-elle.


"Il faut y aller progressivement"

 

Les spécialistes appellent cela le syndrome de la cabane.

 

Il s'agit de la peur de sortir de son enfermement et d'affronter à nouveau le monde.

Une peur tout à fait compréhensible, selon le docteur Christophe Debien, psychiatre au CHU de Lille.

"Notre capacité d'adaptation a été mise à l'épreuve pendant plus d'un an, entre enfermement, déconfinement, semi-déconfinement et reconfinement. Nous avons dû nous adapter dans notre vie quotidienne, professionnelle et familiale", précise-t-il.


"Alors avoir une réticence à s'adapter à un énorme changement - puisque là, tout d'un coup, on retrouve une vie presque classique - c'est normal", ajoute le psychiatre.

"Cela va prendre un peu de temps. Il faut y aller progressivement, respecter les limites de chacun et accompagner ceux qui ont des difficultés. Nous irons peut-être à la terrasse du café du coin et non au centre. de la ville. Des étapes comme ça. Il faut franchir les étapes ensemble surtout, car l'important c'est d'être ensemble. "

 

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